Nous y voilà, le dernier ravito ! J’y arrive après 22h de course, et il me reste un peu moins de 14 kms, moins de 10%.
Niveau liquide, la dernière fois que j’ai rempli mon camelbak, c’était un peu plus de 4h plus tôt, et il me reste entre 1h30 et 2h (normalement). Le bénévole du ravitaillement m’incite à remplir ma poche à eau, je m’exécute « chef oui chef ». Peut-être que ça aurait pu tenir, mais arrivé à ce stade, prise de risque = -100 ! Niveau solide, je grignote, et repars avec un énième mini sandwich accompagné de son coca.
Je discute vite fait avec le même relayeur qu’a Séné, puis je repars au bout de 10 minutes du ravito. Forcément, à ce stade, modulo l’état général, on commence à calculer, estimer un temps final. A ce stade, je me dis que faire en moins de 24h, ça va être chaud. A minima je suis persuadé de faire 24h15 max 24h30, c’est déjà énorme. Mais bizarrement je ne m’affole pas, et continue d’avancer de la même manière que sur les 22 premières heures.
2 kms plus loin, je recroise mes parents pour une 3e fois (La 2e était vers les marais salants de Lasné). D’abord mon père. Je marche avec lui 4-500 mètres, puis je décide de repartir. 1 km plus loin, je rejoins ma femme, ma fille et ma mère. Je reste une petite centaine de mètres à 3, puis je repars uniquement avec ma femme (je l’aime).
Elle m’indique qu’il y a 4-5 autres participants proche juste devant moi. D’un côté je m’en moque. D’un autre côté, le petit compétiteur que je suis se dit « Pourquoi pas ». Et effectivement, à la fin de la presqu’ile, là ou ma femme finit par me laisser, je dépasse ces mêmes participants coup sur coup. Quelques centaines de mètres après, en tournant à gauche, 2 spectateurs m’encouragent, l’un d’eux me dit « C’est la fin », je me rappelle très bien de ma réponse, un bon gros « YEESSS » rageur !!!
Dès lors, je continue mon chemin, toujours avec la même routine, et finalement sans me soucier du temps. Quoi que … ma femme m’a dit que ma fille voulait absolument faire l’arrivée avec moi, mais je me dis que pour cela, il faut qu’ils soient bien positionnés, par exemple à l’entrée de la ligne droite de l’arrivée. Ni une ni deux, j’appelle ma femme pour lui dire cela 🙂 ! Quelques kms plus loin, je re-dépasse une nouvelle fois le relayeur avec qui j’ai échangé à plusieurs reprises précédemment. Les kms restants passent, j’essaye de profiter un maximum. Jusqu’à 2 kms du terminus : le début du chenal.
Et là, sur-motivé par les encouragements, j’y vais au max. de ce que je peux donner après plus de 23h., surtout que je vois que finalement que les 24h sont jouables … Je n’ai jamais vécu une fin de course pareille. Cependant, émotionnellement, je m’attendais à être plus affecté, mais même pas.
Je vois le bout du chenal avec la Place Gambetta en ligne de mire, ça se rapproche. Le slalom entre les passants / spectateurs n’est parfois pas simple, surtout juste avant la Place. Ce n’est pas le moment de tomber dans le port ! Puis je vois sur la toute fin ma femme qui m’encourage et m’accompagne. Je « récupère » ma fille au tout début de la dernière ligne droite, et là on fait la ligne droite d’arrivée tous les 3 mains dans la main. Le boudin se rapproche vite, trop vite ! Mais qu’est-ce que c’est bon. YEESSS !!! Pour clore cette « aventure », je pousse un cri rageur … Je l’ai fait. Et en moins de 24h !
- Temps final : 23h55’32 »
- Temps total (avec la traversée) : 24h14’22 »
- Temps de course : 15h34
- Temps de marche : 5h41
- Temps immobile : 2h39
- Classement : 94e/1141 partants (379 abandons)